30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 02:24

Depuis le 10 janvier, les automobilistes parisiens doivent rouler à 70 km/h maximum sur le périphérique au lieu de 80 km/h. Or, si l'on en croit la société d'infotrafic Inrix, cette mesure aurait permis de réduire les embouteillages sur ce qui constitue l'axe routier le plus fréquenté d'Europe. La société a fondée son étude sur des données anonymes transmises par des millions de GPS d'automobilistes sur le périphérique. Elle a ensuite comparé deux périodes: du 10 janvier au 10 juin 2013, et du 10 janvier au 10 juin 2014. Et selon une synthèse de ces données que Metronews a pu se procureur, les bouchons auraient diminué de 36 %. Depuis la nouvelle limitation de vitesse, les automobilistes passeraient ainsi 66 minutes par jour sur le périphérique, au lieu des 104 minutes journalières l'an passé.

Pour Chris Lambert, expert chez Inrix interrogé par Metronews, ce résultat ««peut s'expliquer par un trafic fluidifié, avec une vitesse plus régulière qui entraîne mécaniquement une réduction de l'effet accordéon». Les points de congestion seraient en conséquence «moins nombreux». Néanmoins, ces résultats encourageants doivent être examinés avec prudence. La société spécialisée dans l'infotrafic indique à Metronews que l'étude n'est «pas pondérée par des facteurs exogènes» comme les jours de grèves ou les accidents.

Mise en place en janvier dernier, cette mesure visait principalement à réduire la pollution dans la capitale. Selon la mairie de Paris, le boulevard périphérique contribue à lui seul à 35% des émissions de particules fines liées au trafic automobile parisien, soit 20% des émissions totales de la ville. De plus selon la mairie, la diminution de 10 km/h aurait pour conséquence une baisse de 23 % du nombre d'accidents et une réduction de près de 65 % du nombre de blessés graves et de tués. La municipalité avait également l'intention de réduire la gêne causée par le bruit pour les 100.000 riverains habitant aux alentours du périphérique.

Le périphérique à 70 km/h aurait entraîné une baisse des bouchons - Le Figaro

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 13:14
Tour d'horizon des tours du périph - Site de la mairie de Paris
Un article instructif, trouvé sur le site de la mairie de Paris.
Tour d'horizon des tours du périph

Le questionnement - démolir ou pas - fait partie depuis longtemps des réflexions de la Ville sur ces territoires situés le long du périph'. L'enjeu est en effet ici d'améliorer les conditions de vie des habitants, le cadre urbain, la qualité de l'habitat et de réduire les nuisances tout en permettant le maintien de familles populaires dans Paris. Détours du côté des tours en 3 exemples.

Suite de l'article ici : http://www.paris.fr/accueil/urbanisme/detours-du-cote-des-tours/rub_9650_actu_137111_port_23751

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 08:10

enfin une prise de conscience ?

A la une du monde

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 13:03
Sur le site d'Air Parif aujourd'hui

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 13:33

Par Mathilde Gérard et Jonathan Parienté

Un article du Monde où vous trouverez des éléments de réponse aux questions suivantes

  • Le maire de Paris a-t-il autorité pour diminuer la vitesse autorisée ?
  • Cette mesure est-elle efficace pour réduire la pollution atmosphérique ?
  • Quel impact sur le volume sonore ?
  • Réduire la vitesse fera-t-il baisser le nombre d'accidents ?
  • La mesure va-t-elle permettre de fluidifier le trafic ?
  • Pourquoi cette décision est-elle critiquée ?

Réponse dans l'article ici :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/12/18/bruit-pollution-securite-quel-impact-aura-la-vitesse-reduite-sur-le-periph_4336011_823448.html?xtmc=periph&xtcr=6

AFP/MARTIN BUREAU

AFP/MARTIN BUREAU

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 13:27
Périphérique parisien : la vitesse abaissée à 70 km/h dès le 10 janvier  - le Parisien

70 km/h et pas plus, dès le 10 janvier. La limitation de vitesse sur le boulevard périphérique parisien sera effective d'ici quelques jours. Un véritable changement pour les 1,3 million de véhicules qui empruntent quotidiennement cette rocade, habitués aujourd'hui à une vitesse maximale de 80 km/h.

Vendredi prochain, les 16 radars du périphérique contrôleront le respect de cette nouvelle vitesse mais les sanctions ne tomberont pas tout de suite. En effet, pendant une semaine, les policiers ne verbaliseront pas donnant ainsi le temps aux automobilistes de se faire au changement.

L'annonce de la date d'entrée en vigueur de cette réduction de moins de 10 km/h de la vitesse sur le périphérique est d'ores et déjà diffusée ce vendredi sur les panneaux à message variables du boulevard. Les 150 panneaux de signalisation avec l'inscription 70 seront installés dans la nuit de mardi 7 janvier à mercredi 8 janvier, puis au cours de la nuit du mercredi 8 au jeudi 9, entre 21h30 et 5h, par les services de la ville.

Suite de l'article ici : http://www.leparisien.fr/transports/video-peripherique-parisien-la-vitesse-abaissee-a-70-km-h-des-le-10-janvier-03-01-2014-3459661.php

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 19:01

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 19:52

article original ici

LE MONDE | 23.11.2013 à 17h33 • Mis à jour le 24.11.2013 à 12h57 | Par Laurence Caramel

Varsovie, envoyée spéciale.

Les 195 pays de la Convention des Nations unies sur le climat réunis depuis le 11 novembre à Varsovie sont finalement parvenus à un accord samedi en fin de journée, plus de vingt-quatre heures après la clôture officielle.

Les tractations ont été extrêmement dures pour trouver un équilibre entre les exigences des pays en développement dont la priorité a été de mettre les pays industrialisés face aux engagements pris en 2009 à Copenhague, et la nécessité d'aller de l'avant en adoptant une feuille de route jusqu'en décembre 2015, date à laquelle un accord mondial engageant pour la première fois tous les pays doit être signé. Il entrera en vigueur en 2020.

Varsovie, qui ne devait être qu'une "conférence d'étape" sans enjeu majeur, aura montré à quel point la défiance reste grande et laisse présager des difficultés qu'il faudra surmonter lors des prochaines étapes à Lima en décembre 2014 puis à Paris en décembre 2015. Un bon compromis est celui "où tout le monde repart frustré mais de façon équitable", selon la formule familière aux négociateurs. A n'en pas douter, tout le monde repart frustré. Le deal est-il équitable ? Non, mais chacun a préféré faire des compromis pour sauver ce qu'il jugeait essentiel et ne pas repartir les mains vides.

Regarder notre carte : La carte des impacts du réchauffement climatique

  • Une feuille de route pour 2015

C'était l'enjeu principal pour les Européens qui veulent encadrer le processus de négociations le plus possible de façon à ne pas se retrouver fin 2015 dans une situation d'impréparation comparable à celle de Copenhague.

Ils souhaitaient que les pays mettent sur la table de premiers engagements chiffrés dès 2014 de façon à avoir le temps d'évaluer l'ensemble des offres et de vérifier s'ils sont compatibles avec l'objectif de limiter le réchauffement à 2° C. Ils ne l'ont pas obtenu mais le texte "invite" les pays à remettre "leurs contributions bien avant" la Conférence de Paris et "d'ici le premier trimestre 2015 pour les pays qui le peuvent".

Les pays en développement ont monnayé durement ce calendrier et il a fallu des heures pour trouver un compromis en remplaçant notamment le mot "engagement" jugé trop contraignant par celui de "contribution" qui y figure au final.

Tous les pays repartent de Varsovie avec la mission "d'intensifier" leur travail pour élaborer leur contribution à l'accord de 2015. Un premier projet d'accord devra être finalisé - comme le prévoient les règles de la Convention -, six mois avant la Conférence de Paris, c'est-à-dire en mai 2015. D'ici là, plusieurs rendez-vous intermédiaires ont été fixés dont le sommet des chefs d'Etat à l'initiative du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon en septembre 2014 à New York.

  • Mobiliser des financements pour le Sud

A Varsovie, les pays en développement unis au sein du groupe du G-77 et la Chine n'ont eu de cesse de dénoncer les promesses non tenues depuis 2009. A Copenhague, les pays industrialisés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 et à créer un Fonds vert qui accueillerait une partie de ces fonds.

Trente milliards environ ont été versés entre 2010 et 2012 au cours d'une période dite de "fast start". Mais depuis, les pays en développement n'ont plus aucune assurance sur les années à venir. Ils réclamaient que les pays industrialisés s'engagent sur une trajectoire de financement avec un objectif intermédiaire de 70 milliards de dollars en 2016. Ils ne l'ont pas obtenu. Néanmoins, les pays industrialisés se sont engagés à augmenter progressivement leurs versements et à faire preuve de davantage de transparence dans la provenance des ces fonds. Ceux du "fast start" ont en effet montré que la plupart des pays avaient recyclé des crédits provenant de l'aide publique au développement pour tenir leurs engagements.

Le comité des Finances de la convention-climat vérifiera tous les deux ans d'ici à 2020 les informations que lui fourniront les pays industrialisés sur le montant de l'effort, la part des fonds publics et des fonds privés mais aussi la place accordée à l'adaptation au changement climatique par rapport à l'atténuation des émissions. C'est là aussi une demande forte des pays les plus vulnérables qui ont obtenu une recapitalisation du Fonds d'adaptation au changement climatique à hauteur de 100 millions de dollars grâce à l'engagement des Européens.

L'Allemagne versera ainsi 30 millions d'euros et la France, 5 millions. Les pays du sud n'ont en revanche pas réussi à imposer une date et un montant – ils souhaitaient 20 milliards- pour une première levée de fonds destinée à ce Fonds vert.

  • Un mécanisme de "pertes et dommages" pour les pays exposés aux catastrophes climatiques

La création de ce mécanisme a suscité des affrontements jusqu'au dernier moment, les pays industrialisés ayant fixé comme ligne rouge que cela ne conduise pas à la création d'une nouvelle institution. La formule finale reste assez floue pour ne pas préjuger de l'avenir.

Ce "mécanisme" aura notamment pour ambition de coordonner tous les dispositifs d'intervention dans les situations d'évènements climatiques extrêmes et rassembler toutes les connaissances sur les moyens d'y faire face. Il jouera aussi un rôle de conseil auprès des pays les plus vulnérables.

  • Faire plus pour réduire les émissions mondiales d'ici 2020 ?

Les trajectoires d'émissions actuelles conduisent sur la voie d'un réchauffement plus proche de 4°C que de 2°C. Et une majorité de pays ne tiennent pas les engagements de réduction qu'ils avaient promis en 2009 à Copenhague, comme le montre l'étude de Carbon Action Tracker publiée cette semaine.

L'effort des pays industrialisés n'atteint pas 20 % de réduction des émissions d'ici 2020 alors que les rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat préconisent une fourchette comprise entre 25 % et 40 %, n'ont pas manqué de rappeler les pays en développement. Ceux-ci ont accusé les pays riches de vouloir transférer le fardeau de la lutte contre le changement climatique sur leurs épaules dans le cadre du futur.

Le compromis de Varsovie consacre plusieurs paragraphes à cette question de "l'ambition" qui sera centrale dans les discussions à venir. Il presse les pays développés mais aussi dans la mesure de leurs moyens, les pays en développement d'agir dans ce sens. Sans être cependant parvenu à aboutir sur quelque chose de concret comme aurait pu l'être par exemples l'élimination des gaz HFC utilisés dans l'industrie du froid. L'Inde, qui en produit beaucoup et l'Arabie saoudite qui en a besoin pour ses systèmes de climatisation s'y sont opposés.

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 00:16

AFP 19 novembre 2013 à 16:12 (Mis à jour : 19 novembre 2013 à 18:18)

«Placer la barre plus haut» : le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, «très inquiet» de la faiblesse des actions de la communauté internationale pour contenir le réchauffement climatique, a appelé à la mobilisation, quatre jours avant la fin de la conférence sur le climat à Varsovie.

«Je suis très inquiet car nos actions sont encore insuffisantes pour limiter la hausse de la température globale sous les 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels», a déclaré M. Ban devant les délégués de plus de 190 pays.

«Mais j’ai aussi de l’espoir parce que je vois (...) des progrès dans de multiples domaines pour parvenir à un avenir avec moins de carbone» émis dans l’atmosphère, a-t-il ajouté.

Faisant allusion à l’accord attendu en 2015 à Paris, M. Ban a alors enjoint la communauté internationale à «placer la barre plus haut».

A cette date, et six ans après l’échec de Copenhague, l’objectif est de conclure un accord universel et légalement contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de contenir le réchauffement à 2°C.

Et la conférence de Varsovie doit poser «une pierre fondatrice» pour parvenir à un accord dans la capitale française, a averti M. Ban.

Depuis le 11 novembre, les délégations de plus de 190 pays sont réunies dans le grand stade de la capitale polonaise pour esquisser cet accord. Nombre de ministres de l’Environnement ou de l’Energie commençaient à les rejoindre mardi pour conclure les discussions et s’entendre sur un texte commun au terme de la conférence.

Deux grands sujets, mis sur le devant de la scène par les pays en développement, restaient notamment à régler : celui de l’aide financière pour faire face au changement climatique, et celui des «pertes et dommages» subis à cause du réchauffement.

Les pays industrialisés ont promis en 2009 une aide de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour aider les pays les plus vulnérables, mais ces derniers perdent patience, ne voyant toujours rien venir et exigent plus de visibilité, voire des engagements intermédiaires.

Dans un rapport publié mardi, l’ONU estimait que le coût de l’adaptation au changement climatique en Afrique pourrait s’élever à 200 milliards de dollars par an d’ici à 2070 si le réchauffement ne dépassait pas les 2°C, et à 350 milliards si la température montait encore.

«comment réaliser nos promesses»

La commissaire européenne au climat Connie Hedegaard a, quant à elle, assuré que les pays donateurs travaillaient très sérieusement pour trouver les moyens de mobiliser ces fonds.

«Il y a beaucoup de travail qui est fait (...) Nous avons discuté des jours entiers pour savoir comment nous pouvons honorer nos promesses, notamment comment utiliser l’argent public pour stimuler plus d’investissements privés», a-t-elle déclaré mardi.

L’autre question épineuse est celle des «pertes et dommages» occasionnés aux pays du Sud par le réchauffement, quelles que soient les actions entreprises pour s’y adapter.

Ces derniers souhaitent la création d’un «mécanisme» qui les aidera à identifier ces «pertes et dommages», et à y faire face.

Mais la création d’un nouvel organe n’est pas du goût des Etats du Nord qui préfèrent régler cette question avec les mécanismes existants, le spectre de «réparations» qui seraient exigées d’eux planant toujours.

Au-delà de ces deux dossiers, les différents pays se positionnaient déjà en vue de l’accord de 2015. Un projet de texte de négociation a été présenté, et les commentaires et les critiques commençaient à affluer.

L’Union européenne a notamment regretté qu’il ne contienne pas de «calendrier» des étapes avant l’accord de 2015.

De leur côté, la Chine et l’Inde ont «insisté» sur le fait que le texte attendu à Paris marque la «différence entre pays développés et pays en développement», quand les Etats-Unis refusent que la Chine bénéficie d’un traitement de faveur.

Les Américains ont par ailleurs souligné que les engagements des différents pays en 2015 devaient être décidés par eux-mêmes et non leur être imposés, avec le risque qu’ils ne soient pas suffisants.

«Certains pensent que ce n’est pas forcément la plus jolie image qu’on puisse avoir, mais c’est la seule possible», a déclaré le négociateur en chef américain Todd Stern.

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 23:15

Un article de plus de 3 ans qui reste malheureusement d'actualité ...

Le climat, l’imposteur et le sophiste

Olivier Godard | Article Web - 12 mars 2010
 

Olivier Godard, directeur de recherches au CNRS, économiste du développement et de l'environnement, répond aux sophistes qui, de Claude Allègre à François Ewald, prétendent s'appuyer sur la science pour contester les études du GIEC sur le dérèglement climatique.

 

Ce qui est déjà parti pour être un best seller, le dernier livre de Claude Allègre dénonçant une imposture climatique, a trouvé dans la presse des journalistes rétifs. Le 25 février Anne Bauer, journaliste aux Échos en faisait une recension honnête, mais sans fard : par sa mauvaise foi et son simplisme, l'ouvrage s'assimilait à un pamphlet ; ce n'était pas le livre d'un homme de science. Elle aurait pu être plus mordante envers ce mauvais roman d'une prise supposée du pouvoir par un petit groupe d'hommes, qui n'aurait de précédent que celle des bolcheviks lors de la révolution russe de 1917… Le lendemain, Stéphane Foucart, journaliste au Monde, pointait le « Cent-fautes de Claude Allègre ». Le livre est truffé d'erreurs et d'affabulations, nous dit-il : référence à des auteurs ou des articles qui n'existent pas, assimilation des opinions des présentateurs météo de la télé américaine à celle des scientifiques du climat, enrôlement arbitraire de scientifiques au service de points de vue qu'ils ne défendent pas, etc.

C'est dans ce contexte que le 2 mars, Les Échos publiaient une « apologie de Claude Allègre » signée François Ewald, cet ancien assistant de Michel Foucault devenu l'intellectuel de la Fédération française des sociétés d'assurance puis le titulaire d'une Chaire au Cnam. Ewald s'en prenait aux journalistes qui auraient fait preuve d'intolérance et cédé à leurs convictions militantes. Protestant avec gravité, il le faisait, prétendait-il, au nom de l'éthique des sciences : pointer les erreurs serait une manière d'esquiver la thèse centrale de l'ancien ministre. Et Ewald de juger impératif un débat national sur les conditions de transformation d'une « hypothèse douteuse » (sic) (celle du réchauffement climatique en cours et à venir) en « dogme » (sic). Et de voir en Allègre un nouveau Michel Foucault déconstruisant l'imposture climatique née des amours adultères de la science et du pouvoir ! Pauvre Foucault !

Jusqu'où notre sophiste ira-t-il pour défendre l'indéfendable ? L'éthique des sciences, cela commence par respecter les règles de la vie scientifique : le souci de la démonstration et de la preuve, la précision des sources, la publication de travaux dans des revues scientifiques, tous éléments qui mettent à l'épreuve des allégations ou hypothèses avant d'en faire un savoir admis digne d'être communiqué comme tel au grand public. Ce qui est reproché à Allègre ce n'est pas d'avoir des idées et des opinions, aussi farfelues et brouillonnes soient-elles, mais d'usurper l'autorité de la science sans en respecter aucune des règles. Allègre le revendique d'ailleurs en faisant de sa position de sniper de la communauté scientifique compétente la preuve intrinsèque et ultime qu'il a raison : tous les génies n'ont-ils pas bousculé les préjugés et les routines de leur temps ?

A la suite d'Allègre, Ewald met en cause les modèles numériques utilisés par les climatologues. Il y voit une base précaire. Il oublie de dire que les modèles du climat ne sont pas de pures constructions statistiques montées à l'aveugle, mais qu'ils sont fondés sur la théorie physique la plus incontestable ; qu'un système unique d'équations permet de reproduire les saisons et les différents climats régionaux et qu'ils ne parviennent à reproduire les évolutions observées depuis le XIXè siècle qu'en prenant en compte l'effet de l'accumulation atmosphérique de gaz à effet de serre. Foin des humeurs du soleil et du magnétisme ! Aucune équipe de modélisation n'a encore réussi à construire un modèle du climat compatible avec la physique et avec les données d'observation qui ne conduise pas à un réchauffement global de la planète. Pourtant il y aurait le Nobel à la clé en cas de succès. Alors, parler d'hypothèse douteuse comme le fait Ewald !

Quant à la théorie du complot ourdi par une science appliquée assoiffée de crédits, elle n'est pas nouvelle du tout. Yves Lenoir l'avait mobilisée en des termes très similaires dans un livre publié en 1992, au titre évocateur : « La vérité sur l'effet de serre. Le dossier d'une manipulation planétaire ». Il utilisait déjà des procédés rhétoriques, révélés en leur temps pour ce qu'ils étaient (1). Il y eut aussi, la même année, sur le problème connexe de l'ozone stratosphérique, Ozone, un trou pour rien. Le genre n'a pas désempli depuis lors.

Il est troublant de voir le succès des balivernes climato-sceptiques auprès de l'opinion et de certains médias tout frétillants de pouvoir mettre à terre ce qu'ils avaient porté, il y a peu, au rang des causes les plus élevées. Il est triste de voir une certaine intelligentsia, écrivains, "penseurs médiatiques", philosophes de salon, qui ne connaissent pas plus la science du climat que la science tout court, se rallier aux faussaires ou aux bouffons dans lesquels ils voient le nec plus ultra d'une science innovante qui ose renverser la pensée unique avec courage. Du haut de leur incompétence ils jugent que les milliers de scientifiques qui font leur travail avec sérieux sont des idéologues ou des incapables, sauf dans l'art de la manipulation, mais que nos imposteurs médiatiques sont les savants qui disent enfin la vérité sur la nudité du roi…

Il y a un point d'importance dans la rhétorique d'Ewald le sophiste, comme de tous ceux qui veulent accréditer des thèses que la science n'admet pas, qu'il s'agisse des créationnistes ou des négationnistes de la Shoah : l'invocation du nécessaire débat public pour que chacun puisse se faire son opinion. S'abritant derrière le paravent de la démocratie, il s'agit en l'occurrence de faire reconnaître un contenu de vérité à des allégations qui n'ont pas passé les épreuves de la critique scientifique. Comme l'écrivait en avril 2006 Susan Woodbury, présidente de la Société météorologique et océanographique canadienne, face à une demande pressante de climato-sceptiques au premier ministre canadien Harper, d'organiser un débat national où seraient confrontées les « thèses » en présence : « Nous soutenons l'idée d'un programme d'information du public sur le changement climatique. Cependant, nous ne croyons pas que la consultation du public soit un moyen crédible d'évaluer la science du changement climatique ». Et Woodbury de renvoyer aux travaux du GIEC, meilleure synthèse disponible des connaissances mondiales sur le sujet. Se référer au débat public pour juger de la scientificité de différents énoncés, c'est transposer dans l'ordre de la connaissance scientifique une procédure politique, au rebours d'une éthique des sciences. N'était ce pas Raymond Aron qui voyait dans la soumission de la science au politique l'une des sources du totalitarisme ?

Sans relever du même type d'épreuves que l'activité scientifique, les compétitions sportives offrent un exemple à méditer : les journalistes et les passionnés, même les penseurs, peuvent bien donner leur appréciation, avant et après les épreuves, sur la valeur des sportifs en compétition, les radios peuvent bien organiser des débats sur les atouts, les chances ou les mérites des athlètes, ce n'est pas la mise en débat public qui forme le cœur de l'épreuve sportive. Il en va de même pour la science, à la différence près que le public ne peut pas observer de visu les épreuves et leurs résultats, c'est-à-dire disposer d'une intelligibilité sensible immédiate. Ce spectacle lui est fermé du fait qu'il n'y a pas de science sans détour par une construction, une abstraction, une généralité, pas de science sans connaissances et sans compétences préalablement acquises. Alors le public est tenté de renvoyer chacun dos à dos, ou de choisir l'une des « thèses » en fonction de croyances a priori, ce qui est le but recherché par les détracteurs.

Quel est le rôle des médias dans tout cela ? S'ils n'y prêtent attention, ils offrent une plateforme inespérée aux faussaires. Le détournement du principe de l'équilibre démocratique de l'expression des opinions en est le vecteur. Au concret c'est au mieux la règle de l'égalité des moyens (présence, temps de parole) donnés aux deux « camps » en présence : les pour et les contre, agençant ainsi une fausse symétrie du vrai et du faux. « L'équité » commanderait de traiter de façon égale la parole des représentants des « défenseurs » de la thèse du changement climatique d'origine anthropique et celle de ses détracteurs.

Un piège redoutable se referme alors sur les scientifiques concernés, ceux qui, à travers le vocable « officiel » dont on les affuble ou du fait de leur participation aux travaux du GIEC, voient l'indépendance de leur jugement scientifique récusée sans discussion. Accepter le débat revient implicitement et indûment à reconnaître un statut scientifique à des allégations que la communauté scientifique s'est refusé à admettre : les conditions d'un débat public orchestré par les médias ne permettent pas, en pratique, la mobilisation des ressources (temps nécessaire au développement d'une argumentation, mobilisation de données, étude critique de la littérature scientifique publiée) indispensables aux scientifiques pour faire un sort à des propos non fondés. Refuser le débat, c'est donner à voir l'apparence d'une attitude fermée, qui sera interprétée comme sectaire, dogmatique et contraire à l'éthique de la discussion scientifique ; c'est donner l'impression d'avouer qu'on a quitté le terrain scientifique fait d'inter-critique des concepts, méthodes et résultats et de confesser une situation de faiblesse ou d'incapacité à réfuter les propos des détracteurs, ou bien l'adhésion idéologique à un dogme.

Que le débat politique soit légitime pour déterminer la politique climato-énergétique à adopter, il n'y a aucun doute. Encore faudrait-il qu'il puisse s'engager sur une base saine et non sur la confusion entretenue à laquelle Allègre et Ewald contribuent autant qu'ils le peuvent. Établir une base de connaissances partagée à l'échelle mondiale, c'est le projet qui a présidé à la création du GIEC et qu'il a remarquablement mené jusqu'à présent malgré les nombreuses tentatives de déstabilisation qu'il a connues depuis sa création en 1988. Une erreur empirique faite dans le rapport de 2007 du Groupe 2 du GIEC concernant la date de fonte des glaces de l'Himalaya, n'est pas de nature à remettre en cause le bilan scientifique établi dans le rapport du Groupe 1, ou les scénarios d'émission et l'analyse des instruments de politique présentées dans le rapport du Groupe 3…

Inversant les rapports du faux et du vrai et surfant sur les thèmes à la mode comme la déconstruction de la science et le débat public, l'imposteur et le sophiste en viennent à leur objet véritable : délégitimer à la racine des politiques publiques du climat « aussi coûteuses qu'inefficaces ». Avec un certain talent ils pratiquent les recettes bien décrites par David Michaels dans son livre (2) dévoilant les stratégies de dé-crédibilisation des bases scientifiques de la gestion des risques sanitaires aux États-Unis. Tout ça pour venir à la rescousse du conservatisme le plus étroit ! La France de l'esprit est soumise ces temps-ci à de bien mauvais vents.

Olivier Godard est directeur de recherche au CNRS et exerce à l'Ecole polytechnique. Il a publié de nombreux articles et ouvrages consacrés aux risques sanitaires et environnementaux, au principe de précaution, aux négociations internationales sur le climat et aux instruments économiques. Parmi ses publications récentes: "L'ajustement aux frontières, pivot d'un nouveau régime international ou manoeuvre protectionniste?", dans Regards croisés sur l'économie n° 6, La Découverte, 2009.

(1) Olivier Godard, « Sciences et intérêts : la figure de la dénonciation - A propos d'un livre d'Yves Lenoir sur l'effet de serre », Natures, Sciences, Sociétés, 1(3), juillet 1993, pp. 238-245.

(2) D. Michaels, Doubt is their product - How industry's assault on science threatens your health, Oxford University Press, 2008. Dans ce livre, l'auteur analyse les stratégies mises en œuvre par des consultants spécialisés recrutés par des groupes industriels, dont les plus connus opéraient dans l'industrie du tabac, pour pervertir l'information et mettre en doute de façon systématique les résultats scientifiques pouvant aboutir à mettre en cause leurs produits.

Olivier Godard | Article Web - 12 mars 2010

 
  Notes

(1) Olivier Godard, « Sciences et intérêts : la figure de la dénonciation - A propos d'un livre d'Yves Lenoir sur l'effet de serre », Natures, Sciences, Sociétés, 1(3), juillet 1993, pp. 238-245.

(2) D. Michaels, Doubt is their product - How industry's assault on science threatens your health, Oxford University Press, 2008. Dans ce livre, l'auteur analyse les stratégies mises en œuvre par des consultants spécialisés recrutés par des groupes industriels, dont les plus connus opéraient dans l'industrie du tabac, pour pervertir l'information et mettre en doute de façon systématique les résultats scientifiques pouvant aboutir à mettre en cause leurs produits.

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La qualité de l'air en Ile-de-France en un clic !

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Pourquoi ce blog ?

- parce que le périphérique est une source importante de polluants atmosphériques néfastes à notre santé
- parce que nous sommes nombreux à vivre et à grandir près du périph : pas moins de 20 crèches, 11 écoles maternelles,  23 écoles élémentaires, 11 collèges, 13 lycées, 2 hopitaux, 27 stades et de nombreux logements, notamment HLM, sont situés entre les boulevards des maréchaux et le périph'
- parce que rien n'est définitif et que les choses peuvent changer si nous nous mobilisons !
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