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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 18:25


CdCQuand nous avons fondé Respire le Périph avec Elodie Texier il y a deux ans seulement, une idée simple s'est imposée à nous : Les décideurs se demandaient depuis 40 ans QUE FAIRE avec ce périph'. Nous, riverains, allions leur demander POURQUOI N'AVEZ VOUS ENCORE RIEN FAIT ?

On sait aujourd'hui beaucoup plus de choses qu'en 1973, quand le périph a terminé de se construire, et encore plus qu'en 1958, quand le projet a été lancé. On sait que sur une aire comprise sur 200m autour du périph, ou de toute autre auto-route urbaine, la pollution de l'air est d'un niveau trois fois supérieur à celui qui existe en centre ville, où l'air n'est déjà pas très pur. A ce sujet je souhaitais souligner l'importance des seuils officiels. Comme le rappelait Claude Bascompte, ce n'est pas parce que l'on relèvera le seuil de tolérance, que les concentrations polluantes seront moins dangereuses ! Il y a une déontologie à préserver et j'en appelle ici aux élus qui nous écoutent.

On sait aujourd'hui donc beaucoup plus de choses. On sait qu'il existe un lien significatif à court terme entre les niveaux de pollution, les maladies chroniques et les décès. On sait que de diminuer de moitié la moyenne de la concentration en particules fines à Paris et petite couronne, éviterait un millier de décès par an. On sait aussi, ce qui était plus difficile de comprendre avant d'avoir construit le périph, que le risque d'infarctus du myocarde est prolongé de six heures après la fin de l'exposition à un pic de pollution.

On sait que la pollution tue et que les zones les plus touchées sont en bordure du périphérique. Or, et c'est certainement le coeur de notre indignation, les abords du périphérique sont extrêmement peuplés. Il s'agit d'une zone très dense... de bureaux ? non pas trop. De logements privés ? un peu. Non, ce sont essentiellement des équipements municipaux, 20 crèches, 11 écoles maternelles, 23 écoles élémentaires, 11 collèges, 13 lycées, 2 hôpitaux, 27 stades et surtout, des logements HLM. Des enfants, des malades et des personnes au revenus modestes. Alors peut-être on ne savait pas tout quand ils ont été construits, mais quel belle application du principe de précaution !

Maintenant que l'on sait les effets dévastateurs de la pollution de l'air créés par les 1,3 million de véhicules quotidiens qui empruntent le périphérique, il n'est plus acceptable d'attendre des changements de long terme. Nous pensons qu'il est possible d'agir immédiatement.

Voici des mesures qui ne demandent pas des évolutions technologiques ou urbanistiques majeures, mais seulement un vote de la part des décideurs :

1. Diminuer la vitesse. Comme nous l'avons montré, ralentir à 50 km/h permet d'arriver plus vite. «C’est un peu comme lorsque vous voulez vider une bouteille d’eau, l’eau s’écoule mieux en la penchant légèrement qu’en la renversant à la verticale», explique Patrick Jacamon, directeur du pole exploitation chez Sanef. «Outre le gain de temps, la conduite apaisée permet de mieux utiliser les trois voies, où tout le monde roule à la même vitesse, de supprimer les coups d’accordéon, source d’accidents, et de diminuer les émissions de gaz carbonique».

2. Une voie dédiée au covoiturage, aux taxis et aux transports en commun
Au cours des vingt dernières années, les gouvernements locaux, provinciaux et régionaux des principaux centres urbains du Canada ont amélioré et augmenté peu à peu le nombre et les types de réseaux pour Véhicules à Occupation Multiple. Les voies réservées aux VOM sur les autoroutes et les artères principales sont considérées comme un outil important de gestion de la demande en transport permettant de réduire les bouchons, d’encourager le choix d’un mode de transport plus durable, comme le covoiturage, et de contribuer à la diminution des émissions des véhicules.

3. L'incitation des entreprises pour qu'elles financent à 100% les titres de transports en commun de leur salariés et rendent payant leur parking en faisant simplement payer leur coût de revient. Si on ne fait pas payer les stationnements des employés il faut chiffrer cet avantage en nature et le porter sur la feuille de salaire pour qu'il soit soumis aux mêmes impôts et charges que les salaires. Mais il faut faire de même pour la subvention aux transports publics et accorder un prime équivalente aux employés qui viennent travailler à pied ou en vélo.

4. Interdiction d'accès aux véhicules les plus polluants.
Depuis 2008, de nombreuses villes allemandes ont instauré des zones vertes dans leur centre ville. En limitant l'accès aux véhicules fortement polluants, cette mesure vise à réduire la concentration de particules en suspension dans les quartiers présentant un trafic automobile élevé et ainsi protéger au mieux la santé des habitants de ces zones.
Les conclusions de l'expérience sont simples : la concentration en particules fines PM10 a diminué de 10 à 15 % depuis la mise en place de zones vertes à Munich.

Toutes ces mesures auront un effet immédiat sur le niveau de particules polluantes émises et donc sur la santé des Franciliens. Elles auront aussi une autre vertu : celle d'accélérer la prise de conscience des enjeux et le changement de comportement de chacun de nous face à la mobilité.

Ce changement de comportement prendra du temps, de même que l'avènement de ce qui constitue à nos yeux la vraie solution durable : celle des nouvelles politiques d'urbanisme. Le modèle des années 70 de la grande surface à 20 km du centre ville entourée d'un immense parking, les zones spécialisées pour le jour et désertes la nuit , ou pour la nuit et désertes le jour sont définitivement des pratiques d'un autre siècle. Je ne détaillerai pas ici la déshumanisation ni la ghettoïsation que cet aménagement urbain de la 2e moitié du XXe siècle a instauré.

Recréons la convivialité des petits centres urbains à taille humaine où l'on travaille, vit, achète et où les transports sont possibles, mais pas obligatoires ! C'est un beau programme pour améliorer la qualité de vie et le vivre ensemble. Mais en attendant, agissons, et vite... on peut le faire !

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