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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 10:43

Suite des informations relevées sur le site de l'Institut national de veille sanitaire.

 

Mécanismes d'action des polluants sur la santé

Les études épidémiologiques mettent en évidence les liens entre exposition à la pollution atmosphérique et pathologies respiratoires et cardio-vasculaires. Les résultats obtenus dans le cadre d’études épidémiologiques, toxicologiques et expérimentales permettent de proposer des mécanismes biologiques pour l’action des polluants sur la santé.

Ces mécanismes font intervenir des réactions inflammatoires et un stress oxydatif se produisant au niveau des poumons à la suite de l’inhalation de polluants, pouvant entrainer également une inflammation systémique (à l’échelle de l’organisme tout entier).

Pour les mécanismes physiopathologiques responsables des effets cardio-vasculaires de la pollution atmosphérique :
Effets cardio-vasculaires de la pollution atmosphérique : mécanismes physiopathologiques. Extrapol n°32/Septembre 2007.

Pour les mécanismes potentiels d’action des polluants sur la reproduction :
Pollution atmosphérique et reproduction. Extrapol n°28/Juin 2006.

 

 


Les effets sanitaires des principaux polluants mesurés

Il est difficile d’établir la nocivité respective de chaque polluant atmosphérique, car ils sont inhalés sous forme d’un mélange, et leurs effets sont peu spécifiques d’un polluant en particulier. Néanmoins certains effets spécifiques ont pu être démontrés notamment grâce aux études réalisées au laboratoire chez l’homme et l’animal.

Ozone
L'ozone est un polluant photochimique qui se forme dans l'air sous l'effet du rayonnement solaire (UV) par des réactions chimiques entre polluants dits primaires (oxydes d'azote, composés organiques volatils et monoxyde de carbone).
Les effets sur la santé de l’ozone, et notamment les effets respiratoires, sont documentés par des travaux toxicologiques et épidémiologiques et cela pour des niveaux inférieurs aux normes actuellement en vigueur en France.

Les études expérimentales
L'ozone est susceptible de pénétrer en profondeur dans les voies respiratoires. C'est un gaz oxydant qui, au niveau cellulaire, provoque une réaction inflammatoire bronchique avec libération de médiateurs pouvant entraîner des lésions du tissu pulmonaire. Cette inflammation des voies respiratoires s'accompagne d'une hyper réactivité bronchique. Il a également été montré que des expositions répétées à de faibles concentrations d’ozone pouvaient conduire à une diminution des signes fonctionnels respiratoires mais que cette tolérance apparente s’accompagnait d’une inflammation chronique locale et d’altérations tissulaires.
Lors d'une exposition à l'ozone, les manifestations cliniques les plus fréquemment rencontrées sont une toux sèche, une gène respiratoire et une douleur à l'inspiration profonde. On note aussi, de façon moins fréquente, la présence d'un essoufflement et d'une irritation de la gorge et du nez.

 

Les études épidémiologiques

Effets à court terme
A ce jour, ce sont les effets à court terme liés à l’ozone qui ont été les plus étudiés par les travaux épidémiologiques. La plupart d’entre eux ont mis en évidence des associations entre les variations journalières des concentrations ambiantes de l’O3 et de nombreux indicateurs sanitaires. Tout d'abord, il ressort de la littérature que la prévalence des symptômes respiratoires est d’autant plus importante que les niveaux d’O3 sont élevés, que la durée d’exposition est longue t que l’hyperventilation des sujets est importante. Lorsque les niveaux d’O3 augmentent, il a été observé une diminution de la fonction respiratoire chez les adultes et les enfants, qu’ils soient sains ou symptomatiques. Chez des enfants asthmatiques, un certain nombre d'études met en évidence une augmentation de la toux et de la fréquence des crises d'asthme lors d'une augmentation des niveaux d'ozone. Par ailleurs, l'augmentation des niveaux d'ozone est corrélée à une augmentation à court terme de la mortalité et des hospitalisations. Ces liens sont généralement plus marqués pour des causes spécifiques de mortalité telles que la mortalité cardiovasculaire et la mortalité respiratoire.

Effets à long terme
Les effets qui résultent d’une exposition chronique à l’O3 ont été moins étudiés, mais les quelques travaux publiés vont dans le sens d’un effet délétère. Une étude conduite dans une cohorte d’adventistes du 7e jour aux Etats-Unis a mis en évidence une association entre la mortalité par cancer pulmonaire et l’exposition à des concentrations élevées d’ozone. Des associations ont été observées entre une exposition chronique à l’ozone et la survenue de cancers pulmonaires ou encore une diminution de la fonction respiratoire chez les enfants et chez les adultes. Enfin, deux études ont montré qu’une exposition chronique à l’ozone était associée à l’apparition d’un asthme chez des sujets non-malades, hommes adultes et enfants. Ces résultats demandent encore à être confirmés mais si cette hypothèse était vérifiée, cela signifierait qu’une exposition chronique à l’O3 peut être un des facteurs de risque associé à l’augmentation de la prévalence de l’asthme ces dernières années.

 

 

Dioxyde d'azote

Le NO2 est un oxydant puissant moins soluble dans l'eau que le SO2. Il pénètre dans les voies aériennes inférieures notamment les bronchioles.

A de fortes concentrations, le NO2 provoque des lésions inflammatoires de l'épithélium de type oxydatif avec libération de médiateurs chimiques et de radicaux libres. On note une augmentation des lymphocytes et des macrophages dans le liquide broncho-alvéolaire pour des expositions à des doses très élevées.

Un certain nombre d'études épidémiologiques ont aussi permis d'évaluer les liens entre les niveaux de dioxyde d'azote dans l'air ambiant et la santé. L'augmentation des niveaux de NO2 est corrélée à une augmentation de la mortalité et des hospitalisations pour pathologies respiratoires et cardio-vasulaires. Les études épidémiologiques ont également montré que les symptômes bronchitiques chez l'enfant asthmatique augmentent avec une exposition de longue durée au NO2. On associe également une diminution de la fonction pulmonaire aux concentrations actuellement mesurées (ou observées) dans les villes d'Europe et d'Amérique du Nord. Cependant les études épidémiologiques ne permettent pas de dissocier les effets du NO2 de ceux des autres polluants émis ou formés avec lui.

Des études expérimentales réalisées chez l’homme et chez l’animal indiquent que le NO2 – à des concentrations dépassant 200 μg/m3 pendant de courtes périodes – est un gaz toxique qui a des effets importants sur la santé. Les études de toxicologie chez l’animal laissent également à penser qu’une exposition à long terme au NO2 à des concentrations supérieures aux concentrations ambiantes courantes a des effets indésirables.


Particules

L'effet des particules dépend de leur taille. Les particules les plus grosses se déposent sur la muqueuse de l'oropharynx et sont dégluties, la voie de pénétration principale est donc digestive. Les particules fines se déposent sur l'arbre trachéo-bronchique et vont atteindre les alvéoles pulmonaires. Le taux de déposition est très important pour les particules ultra fines de moins de 0,5 µm, il est de 20 % pour les particules de 0,5 à 2,5 µm. Ces particules sont éliminées par phagocytose ou par le tapis mucociliaire. Au niveau cellulaire, les particules provoquent une inflammation avec libération de médiateurs chimiques et de radicaux libres au niveau des voies respiratoires.


Certaines études expérimentales montrent une association entre les particules et des marqueurs sanguins de l'inflammation (taux de fibrinogène et protéine C réactive notamment). Les particules auraient aussi un effet allergisant selon deux mécanismes, une augmentation de la synthèse des anticorps IgE résultant de l'activation des cellules du système immunitaire d'une part et une modification du pouvoir antigénique de certains pollens d'autre part. Les effets cancérogènes observés dans certaines études sont liés à la présence de molécules cancérogènes adsorbées à la surface des particules émises par les véhicules diesels. Enfin, des associations entre particules et saturation de l'oxygène sanguin, viscosité plasmatique et pression sanguine ont récemment été décrites (Extrapol n°32/Septembre 2007 ).

De nombreuses études épidémiologiques ont mis en évidence des associations à court terme entre les niveaux ambiants de particules et différents effets qui sont : une augmentation de la mortalité, des admissions hospitalières, de la prise de médicaments et des consultations médicales, des réactions inflammatoires des poumons, des symptômes respiratoires. Ces effets concernent l'appareil respiratoire mais également l'appareil cardiovasculaire. Les études concernant les effets à long terme sont moins nombreuses mais leurs résultats vont dans le sens d'un effet délétère lié à une exposition chronique aux particules, sur l'appareil cardio-pulmonaire en particulier, qui s’avèrent sans doute plus importants pour la santé publique que les effets à court terme. Une exposition à long terme aux particules diminue significativement l’espérance de vie, augmente les risques de mortalité liés aux maladies cardio-vasculaires et au cancer du poumon. Les autres effets démontrés par les études sont un accroissement des symptômes des voies respiratoires inférieures, des maladies respiratoires obstructives chroniques, une réduction des fonctions pulmonaires chez les enfants et les adultes.

Pour en savoir plus:
Pollution atmosphérique: particules ultrafines et santé. Extrapol n°33/Décembre 2007.

Dioxyde de soufre

Le SO2, dont les concentrations ont considérablement diminué au cours des dernières décennies, doit, avant tout, être considéré comme un indicateur de la pollution acido-particulaire, et il est difficile de faire la part de ce qui revient en propre aux particules ou au SO2, tant ces deux polluants sont étroitement liés.

Le SO2 est un gaz irritant fortement soluble dans l'eau. Le SO2 est surtout adsorbé au niveau des voies aériennes supérieures mais il peut atteindre les voies inférieures au cours d'une activité physique intense ou s'il est adsorbé sur des particules. C'est un irritant qui cause une broncho-constriction similaire à une réaction asthmatique et entraîne la sécrétion du mucus.

Le SO2 affecte le système respiratoire, le fonctionnement des poumons et il provoque des irritations oculaires. L'inflammation de l'appareil respiratoire entraîne de la toux, une production de mucus, une exacerbation de l'asthme, des bronchites chroniques et une sensibilisation aux infections respiratoires.

Une exposition contrôlée de courte durée à des niveaux élevés de SO2 conduit à une diminution de la fonction respiratoire, à un accroissement de la résistance des voies aériennes et à une broncho-constriction. Ce type d'exposition au SO2 favorise l'apparition, non seulement de symptômes tels que la toux et les sifflements mais aussi de crises asthmatiques aiguës chez les personnes sensibles (enfants, patients souffrant déjà de troubles respiratoires chroniques).

Une exposition au SO2 sur de longues périodes à des niveaux moyens journaliers faibles est associée à la survenue de différents événements sanitaires tels que l'hospitalisation pour maladies respiratoires et cardio-vasculaires ischémiques, l'exacerbation de crises d'asthme, l'aggravation des insuffisances respiratoires chroniques et les décès pour pathologies cardio-vasculaires.

L’étude américaine AHSMOG montre une augmentation de l’incidence des cancers du poumon en relation avec le fait de vivre dans des zones caractérisées par des concentrations élevées de SO2.

 


En savoir plus...


Site Internet de l'Organisation mondiale de la santé : www.euro.who.int  
La pollution atmosphérique par les particules en suspension : ses effets nuisibles sur la santé. OMS Europe. 14 avril 2005. Aide-mémoire EURO/04/05.

Extrapol. Pollution atmosphérique et santé. Revue d'analyses critiques de publications internationales.

Air, santé et prévention : vivre, c’est respirer. Les guides pratiques de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Disponible sur : www.ademe.fr/particuliers/Fiches/3735/AirSante00.html

Site Internet du ministère chargé de la Santé : www.sante.gouv.fr
Politiques publiques, pollution atmosphérique et santé : poursuivre la réduction des risques. Rapport du Haut comité de santé publique.

Les guides "air et santé: prévention" de l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) : www.ademe.fr/particuliers/fiches/3735/AirSante00.html 

La pollution de l’air et notre santé. Observatoire régional d’Île-de-France, décembre 1997. Disponible sur le site Internet de l’Observatoire régional d’Île-de-France :
www.ors-idf.org/etudes/Pdf/4_pages_av99/pollution_air_sante_97.pdf

Host S, Chardon B, Lefranc A, Grémy I. Relations à court terme entre les niveaux de pollution atmosphérique et les admissions à l’hôpital : résultats obtenus dans le cadre du Programme de surveillance air et santé (Psas). Novembre 2006. Disponible sur le site Internet de l’Observatoire régional d’Île-de-France :
www.ors-idf.org/etudes/pdf/4ppsas.pdf


Bulletin de la qualité de l’air. Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Disponible sur : www.buldair.org

Gerin M, Gosselin P, Cordier S, Viau C, Quenel P, Dewailly E. Environnement et santé publique : fondements et pratiques. Notice disponible sur le site de l’éditeur : www.lavoisier.fr/notice/fr2891301930.html

Résultats de l'étude ERPURS : www.ors-idf.org/publications-ors.asp

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