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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 17:04

L'article original en anglais qui est ici : lessons from a car-free life, par zenhabits, écrit par Leo Babauta. 

Source et traduction : Je hais Paris mais ça change ! http://jehaisparis.over-blog.com

 

Ce que nous retenons d’une vie sans voiture, témoignage

L’été dernier, notre famille (mon épouse et moi, nos 6 enfants) avons fini par abandonner notre voiture.

Ce fut une expérience libératrice et effrayante.

Nous étions dépendants de notre automobile depuis tellement d’années que l’abandonner était juste impensable. Si vous possédez une voiture, il y a de grandes chances que ce soit impensable pour vous aussi !

Nous conduisions partout où nous allions : pour aller et revenir de l’école et du travail, des leçons de musique et de récital, pour le foot et tous les sports collectifs, aux fêtes de famille (qui étaient nombreuses), à l’épicerie, aux centres commerciaux, restaurants, cinémas, librairies, salons de beauté (…), pour payer des factures et faire les courses, pour aller à la plage et au parc.

Pour tout faire.

Comment pouvait-on se débarrasser de notre voiture ?

 

 

Diminuer la voiture

 

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Les dernières années, nous nous sommes sevrés doucement de la voiture (qui était un minibus dans notre cas !). Nous avons réduit la place de la voiture, petit à petit, et si vous y pensez aussi, c’est ce que je recommanderai de faire pour la plupart des familles.

Tout d’abord, nous avons vendu notre second véhicule et avons appris à ne faire qu’avec une voiture. Au point que mon épouse a arrêté son travail et a commencé à donner l’école à nos enfants à la maison, ce qui était super car ils avaient leur maman tout le temps à la maison. Une chose que tous les enfants n’ont pas.

Puis j’ai pu quitter mon travail journalier et travailler de che

z moi, réduisant ainsi énormément les trajets en voiture.

Ensuite nous avons déménagé plus près de la ville, ainsi nous pouvions plus nous déplacer en marchant et à vélo, tout était à distance de marche, épicerie incluse, salon de beauté, la Poste, la plage, le cinéma, les restaurants, les cafés et encore bien d’autres choses.

Il n’y avait que la famille et le foot qui étaient loin.

Nous utilisions très peu la voiture.

Finalement, nous avons déménagé à San Francisco, son super réseau de transport public fut une raison importante !

Nous étions en train d’abandonner notre voiture !

Remarque : plein d’autres villes ne sont pas aussi bien pourvues en transport collectif, mais des tas de gens y ont abandonné la voiture : marcher, circuler à vélo, l’auto-partage ou le covoiturage sont de chouettes options.

 

Notre vie sans voiture

Nous avons vendu notre mini-bus (yes !) et nous n’avons pas acheté d’autre voiture à San Francisco.

Quelques fois, nous avons loué ou emprunté une voiture, hé vous savez quoi ?

Ça m’a vraiment rappelé la chance que nous avions de ne pas en posséder une.

C’est une telle corvée de conduire, de trouver une place de parking, de prendre un ticket de parking (…), de récupérer sa voiture à la fourrière (oui c’est arrivé…), d’essayer de vous repérer et de trouver les lieux quand vous conduisez , de payer des péages et de

payer pour le parking, d’être coincé dans les bouchons et ainsi de suite…

Nous empruntons les bus et les trains et marchons. Nous aurons bientôt des vélos, mais nous avons décidé de faire une étape à la fois.

Nous marchons beaucoup !

Nous avons volontairement choisi une maison qui était à un pâté de maisons de la gare, et qui a des lignes de bus à quelques pas de notre porte d’entrée. On peut aller facilement partout dans la ville.

Je marche souvent sans but, juste pour explorer la ville. J’emmène Eva et les enfants avec moi pour leur montrer les nouveaux endroits que nous n’aurions jamais vus avec une voiture.

C’est la meilleure façon de découvrir les joies d’un nouveau lieu – la voiture vous isole et vous fait passer en trombe au milieu de ces lieux.

Dans les bus il y a souvent des gens bizarres qui crient des choses, sentent ou sont habillés de manière drôle. J’adore ça. C’est une chose à laquelle mes enfants n’avaient jamais été habitués et cette proximité fait partie de leur éducation maintenant. Ils ne sont jamais en danger, mais maintenant ils voient tellement de choses du monde qu’ils ne pouvaient pas voir avant, isolés dans la voiture.

Ils vont, épaule contre épaule, avec les gens, dans des bus bondés, ils parlent à leurs voisins ils sourient aux autres et font sourire les autres.

Nous sommes plus en forme que jamais.

Marcher est étonnant.

Ça ne coûte rien et là, vous avez de l’air frais, vous voyez les gens, la nature, vous voyez les magasins et les restaurants, les maisons et les plantes que vous n’auriez jamais vu dan

s une voiture. Vous vous maintenez en grande forme.

Ma petite de 4 ans peut marcher pendant des kilomètres, et chanter chemin faisant. Elle court en grimpant les collines. Certes, de temps en temps, je la porte sur mes épaules quand elle est fatiguée, mais c’est un bon exercice pour moi.

Nous sommes aussi plus en sécurité que jamais. Les bus sont la manière la plus sûre de voyager sur les routes américaines.

Nous dépensons tellement moins en transport.

Les voitures sont extrêmement chères – pas seulement pour leur achat, mais aussi à cause de l’essence, les vidanges, l’assurance, les taxes (vignettes), les tickets de parking, les réparations inévitables, le coût de la place de la voiture la nuit (les garages ne sont pas de l’espace gratuit), le nettoyage, et les coûts pour la santé (elles sont mauvaises pour la santé).

Quand vous avez autant de dépenses, vous devez travailler plus pour les payer. Les diminuer signifie travailler moins, et c’est une chose merveilleuse pour moi et ma famille.

Je dois remercier énormément mon épouse Eva, qui a été extraordinaire durant notre expérience sans voiture. Beaucoup d’épouses se seraient plaintes – Eva y est allé à fond et a adoré

le voyage. Mes enfants, aussi, ont été super, au lieu de se plaindre, ils se sont amusés avec moi, on a joué, on a chanté, on a exploré on a fait la course. Ce fut un super voyage en famille, et je suis content qu’on ait embarqué.

Les contraintes sont en fait des forces

Quand les gens pensent à arrêter la voiture, ils pensent immédiatement aux raisons qui font que ce n’est pas possible : les contraintes. Mais j’ai réalisé, qu’en fait, ces contraintes étaient des forces.

Voyons pourquoi.

 

1) Ça prend plus de temps

Oui, parfois ça prend un peu plus de temps d’aller à un endroit

(note de la traductrice, dans Paris et proche couronne, ça prend parfois moins de temps d’aller à pied, vélo, métro, bus qu’en voiture, de porte à porte)

(Ça prend) peut-être 20 minutes au lieu de 10-15 minutes,

ou 45 minutes au lieu de 25-30 minutes.

Mais bon ça va, c’est OK, car les voitures (surtout rapides) sont aussi plus stressantes.

Conduire dans le trafic est stressant. Donc nous nous déplaçons  plus lentement, ce qui est moins stressant, plus plaisant.

J’aime une vie plus lente.

 

2) La météo

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Parfois le temps n’est pas terrible, mais sincèrement, j’adore être trempé par la pluie. Mes petits ne s’en trouvent pas dérangés, ils adorent patauger dans les flaques de boue.

Nous sommes tellement habitués à être dans nos boîtes de métal et de ver

re que nous oublions comment la pluie est merveilleuse.

Et quand le temps est beau, les voitures vous en isolent.

Vous n’avez pas la sensation du soleil sur vos épaules, le vent dans votre visage, la fraîche odeur de réglisse quand vous passez à proximité d’une plante, vous ne pouvez pas voir les écureuils qui lancent comme des fléchettes ou entendre le rire moqueur des canards.

 

3) Le côté pratique

Bien sûr, les bus peuvent parfois ne pas être pratiques, quelque fois ils sont en retard, vous les attendez et vous êtes en retard.

Mais pensez à tous les inconvénients des voitures que nous oublions : trouver une place de parking, être coincé dans les bouchons, être coupé des autres gens, payer des péages, payer pour le garage, le parking et les excès de vitesse, les accidents de voiture sur l’autoroute, les réparations de la voiture, les vidanges, les arrêts à la station-service, l’assurance de la voiture, le lavage de voiture, les dangers des accidents de voiture (les accidents de voiture sont la première cause de mortalité des enfants américains), l’impact sur la santé de vos enfants, louper une manoeuvre et devoir faire demi-tour sur votre route, le coût d’une voiture et le fait de devoir travailler plus pour y faire face, le coût pour la santé, car la voiture est mauvaise pour vous et votre famille, et vous devez aussi travailler plus pour y faire face aussi… entre autres.

Quand vous regardez tout ça, en pensant à tous les inconvénients des différents moyens de transport, les voitures ne sont pas forcément le top du pratique !

 

4) Faire les courses

Nous marchons pour aller à l’épicerie, c’est à un pâté de maisons. On ne peut pas emporter autant que nous pourrions avec une voiture, aussi on fait des trajets plus fréquents.

Ce n’est pas une faiblesse, c’est une force. Ça montre que nous marchons plus. En effet, l’épicerie est en haut d’une pente, aussi je monte la pente en courant. C’est beaucoup de plaisir et de grand exercice.

 

5) Faire des activités qui ne sont pas proches

C’est plus facile de prendre la voiture et d’aller dans différents endroits, que de marcher ou de faire du vélo dans la circulation, ce qui prend du temps et demande parfois de l’organisation.

(note de la traductrice, dans l’agglomération parisienne, c’est parfois l’inverse !)

Alors oui, vous êtes un petit peu plus limité. Je ne vois pas en quoi c’est mauvais, une fois que vous l’avez accepté. Ça veut dire que vous faites moins, ce qui est plus simple et moins stressant.

Ça veut dire que vous allez uniquement aux endroits lointains, s’ils sont importants.

Ça veut dire que vous explorez les différentes façons de vous amuser près de chez vous.

Les voitures nous incitent à faire plus de trajets, ce qui pollue plus, nous conduit à être plus occupé, à utiliser plus d’argent, de temps et de ressources naturelles.

Ralentir et effectuer moins de trajets est mieux pour nous, notre santé, notre environnement.

La vie est trop courte pour la passer dans la circulation.


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